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14avr/100

Le PMU fait peau neuve et affiche ses ambitions

Ce que la nouvelle version du PMU proposera a de quoi bouleverser plus de cinquante années d'un monopole d'Etat qui nous avait habitué aux courses hippiques et aux écuries. Désormais, le PMU nouveau est arrivé : plus diversifié, plus ambitieux, son président depuis un an, Philippe Germond veut lui donner les moyens pour bien se défendre face à la concurrence qui se prépare à inonder le marché français des jeux d'argent en ligne.

Premier opérateur de paris hippiques européen (9,3 milliards d'euros de CA en 2009), le PMU va en effet proposer tout l'éventail des jeux d'argent en ligne, du pari hippique bien sûr aux  paris sportifs et poker sous la seule  et même marque du PMU. C'est là toute la nouveauté :  "Le PMU proposera une offre de paris sportifs, la plus compétitive et la plus large possible, comme le définira L’ARJEL. Nous ne pouvons pas nous limiter uniquement aux paris hippiques face à de futurs concurrents qui disposeront d’une offre globale de paris sportifs, hippiques et de poker. Les études le montrent : 37% de nos clients sur pmu.fr jouent déjà aux paris sportifs et un autre tiers a déclaré son intention de le faire", a déclaré récemment Philippe Germond.

Des résultats 2009 prometteurs

Le PMU a enregistré pour l'année 2009 un résultat net de 731 millions d'euros en 2009, en repli de 0,7 %, pour un chiffre d'affaires en progression pour la 12ème année consécutive, à 9,303 milliards d'euros (+ 0,4%). Pour le premier trimestre 2010, le chiffre d'affaires augmente de 0,5 % à 2,379 milliards d'euros. Le PMU entend se positionner en "opérateur global" (paris hippiques, sportifs et poker).

Son PDG s'est ainsi fixé l'objectif  d'augmenter de 15% le nombre des courses nationales adossées à des paris (106 réunions supplémentaires pour les neuf derniers mois de 2010), figurer parmi les trois premiers opérateurs de paris sportifs (football à 70%, tennis, rugby, F1) en ligne et proposer une "offre complémentaire" pour le poker afin de "fidéliser ses clients et en conquérir de nouveaux". Rien que cela. Le challenge s'annonce relever mais la direction est prête à s'en donner les moyens.

Un partenariat avec Paddy Power

Le PMU vient d'annoncer qu'il venait tout juste de signer un partenariat d'exclusivité de cinq ans avec Paddy Power, le bookmaker irlandais.

Il compte ainsi réaliser 100 millions d'euros de chiffre d'affaires supplémentaires sur Internet grâce à l'ouverture du marché des jeux en ligne, prévu pour le début du mois de juin.  "En 2011, notre objectif est d'être parmi les trois premiers opérateurs de paris sportifs et de dépasser le milliard d'euros de chiffre d'affaires sur internet", a fixé comme objectif  Philippe Germond, dans une interview donnée au "Monde".

A noter que des partenariats ont également été signés avec des médias, notamment RMC, TF1, RTL et Le Figaro.fr ainsi que des fédérations sportives (FFF, Ligue nationale de rugby).

Sebastien Acedo et Olivier Goulon

6avr/100

L’Assemblee dit oui a la liberalisation des jeux d’argent

Les joueurs pourront désormais miser de l'argent dans une partie de poker, ou sur une compétition sportive ou hippique, tout en restant devant leur ordinateur. Après le vote du Sénat en février, l'Assemblée Nationale vient de donner son feu vert cet après-midi au projet de loi ouvrant les jeux de paris en ligne à la concurrence. Une loi qui met fin à plusieurs décennies d'un monopole d'Etat entre d'un côté la Française des Jeux et le PMU.

Les députés ont approuvé à 299 voix (UMP et NC) contre 223 (PS, PCF), un texte identique à celui voté par les Sénateurs, conduisant ainsi à une adoption définitive. La majorité n'avait déposé aucun amendement et a repoussé systématiquement tous ceux de l'opposition. C'est qu'il y avait urgence, aux yeux du gouvernement, qui voulait accorder les agréments avant le début de la Coupe du monde de football, le 11 juin prochain.

Les débats ont été menés au pas de charge, afin que les parieurs en ligne puissent par exemple, miser sur le match Uruguay-France, qui inaugurera l'aventure sud-africaine des Bleus de Domenech. Initialement, le calendrier prévoyait une ouverture du secteur à la concurence au 1er janvier. Reste encore une étape à franchir : celle du recours déposé la semaine dernière par le Parti socialiste devant le Conseil constitutionnel.

Ce qui va changer en France :

  • Instauration de l'ARJEL : l'Autorité de régulation des jeux en ligne (ARJEL), dont la mission sera de fournir des agréments d'une durée de cinq ans renouvelable aux opérateurs qui souhaitent organiser des paris ou des jeux d'argent et de hasard sur la Toile.
  • Paris sportifs, hippiques et poker en ligne concernés : ce sont les seuls jeux d'argent et de hasard concernés par cette ouverture du marché. Le texte ne s'étend pas à d'autres jeux de casino comme les machines à sous.
  • Mise en place de sanctions pour les sites Internet illégaux : par souci de lutte contre le blanchiment d'argent et d'empêcher des sites Internet illégaux de fonctionner, la loi prévoit trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende pour un opérateur qui organiserait, sans avoir l'autorisation, des jeux.

Mise en place d'une fiscalité sur les gains remportés en ligne : les gagnants se verront prélever par l'Etat 7,5% de leurs mises pour les paris sportifs et hippiques ou 2% de leurs mises pour des parties de poker. Une partie des fonds récoltés servira à financer la lutte contre la dépendance aux jeux.

Qui seront les grands gagnants ?

La FDJ et le PMU ont l'avantage de leur implantation hisorique en France. C'est indéniale. Mais en toile de fond, c'est un combat au forceps qui se livre entre les deux ex-monopoles et les nouveaux arrivants : les partenariats de la FDJ et du PMU avec LVS, Paddy Power et PartyGaming en témoignent.

Le groupe Amaury-bwin, rassemblé sous la bannière Sajoo.fr, fera sans doute partie du peloton de tête des nouveaux entrants sur le marché français. Un accord de titans passé entre le groupe media (L’Equipe, France Football et Le Parisien), qui est majoritaire et l’opérateur mondial.
Les négociations en cours entre d’autres groupes français tels M6 et Canal+ et des sociétés de jeux étrangères comme William Hill, Ladbrokes ou encore 888, montrent aussi que le flot d’annonces de nouveaux partenariats n'est pas prêt de baisser.

Olivier Goulon et Sebastien Acedo

26mar/100

PMU et FDJ ont ils deja gagne leur pari?

marche jeux argent

A quelques semaines de l'ouverture du marché des jeux en ligne en France, le compteur des alliances   s'affole : aux annonces de deals exclusifs entre opérateurs et grands media succèdent les accords stratégiques entre opérateurs pour s'assurer une part significative du gâteau.

Après l'accord M6 - 888 et la joint venture entre FDJ et Barriere, tous deux visant le segment des jeux de poker en ligne, c'est PMU qui, d'après les Echos, s'allierait avec PartyPoker afin de proposer à ses joueurs inscrits non seulement de parier sur les courses hippiques mais désormais de jouer au poker. Cet accord non exclusif laisserait cependant à Party Poker la possibilité de lancer sa marque en France.

S'il était avéré et confirmé par les intéressés, l'accord PMU - Party Poker viendrait confirmer trois tendances lourdes observables depuis quelques semaines :

- La guerre entre PMU et FDJ pour la domination du marché français des jeux d'argent en ligne est loin d'être terminée, et passera par de nouvelles annonces fracassantes (acquisitions, accords stratégiques) : PMU s'est deja associé avec Paddy Power, un des plus gros bookmakers anglo-saxons, pour son offre de paris sportifs en ligne, FDJ s'est assuré l'exclusivité de la technologie de LVS pour les paris sportifs et du moteur 3D de Barriere/BIG pour le Poker

- Les opérateurs pure-players qui se lanceront en solo sur le marché français risquent pour la plupart de devoir se contenter de quelques miettes face à la domination du couple PMU / FDJ. D'où la multiplication à venir de partenariats stratégiques entre opérateurs pour s'assurer une puissance de feu suffisante (base client, pression marketing) et espérer pénétrer efficacement le marché.

- La bataille doit se mener sur deux fronts : les media et l'offre. Et les deux opérateurs français ont pris une longueur d'avance sur leurs concurrents qui trépignent d'impatience en attendant l'ouverture du marché, observant impuissants les deux mastodontes enchaîner les deals media ou sponsoring exclusifs (FDJ avec Orange, TF1, France Televisions, Canal + et RTL, PMU avec la FFF) et organiser un matraquage publicitaire systématique depuis deux semaines et jusqu'à la coupe du monde (impossible de louper les spots TV FDJ Parions Sport et PMU, en attendant une vague ParionsWeb et PMU.fr).

Et si la guerre bataille était gagnée avant même d'avoir commencé? Qui a part Betclic, Bwin et Pokerstars pourra durablement lutter contre PMU et FDJ dont la notoriété spontanée est sans commune mesure auprès du grand public avec celle de ses poursuivants directs?

L'été 2010 promet d'être meurtrier pour certains acteurs du jeu en ligne.

olivier goulon

23fév/102

Balkany (fils) prend les renes de Pokerstars France

PokerStarsSquare1Lorsque que l'on gère la destinée d' un site mondial dédié au poker en ligne  et pesant  32 millions de joueurs pour plus d'un milliard de dollars de CA, il faut pour ainsi dire "éviter les vagues" ou plutôt les retours de vague. Un adage que le leader mondial aurait pu ou dû s'approprier dès l'instant où la nomination d'Alexandre  Balkany à la direction générale de PokersStars France s'est posée.

Car, quoi que l'on veuille en dire, Alexandre Balkany est un DG pas comme les autres. Alexandre est avant toute chose le fils de Patrick Balkany, le député-maire UMP des Hauts-de-Seine, ami de longue date de Nicolas Sarkozy, dont le nom a souvent défrayé la chronique par le passé .La présence du fils d'un des poids lourds de la majorité et membre du premier cercle du pouvoir à la direction de PokersStars France au moment même où la loi sur la libéralisation des jeux en ligne se discute au Sénat ne va sûrement pas pacifier un débat déjà assez houleux.

Alors que l'avenir des jeux d'argent sur Internet est débattu au Sénat aujourd'hui et demain, l'opposition ne manquera pas de souligner ces "jeux de connivences politiques et de collusions économiques", et chacun sera libre ou non d'effectivement ressentir un certain malaise....De quoi déstabiliser le marché français à quelques mois de l'ouverture ?  En tout cas la "pokerhystérie" est bien là, et on se demande où elle s'arrêtera...

Comme le souligne l'excellent BananaPoker, Alexandre Balkany cumulerait les mandats.
DG de PokersStars France, il dirigerait également la société Kawa Productions, aux ramifications stratégiquement bien choisies. Une société de production audiovisuelle qui participe de près ou de loin à toutes les émissions de poker du PAF : Directpoker sur Direct 8, Poker le duel  et Poker Mission Caraïbes sur NRJ 12,  Stars of poker sur Canal +. Alexandre Balkany ne s'arrête pas là. BananaPoker le dit également proche du site d'information Poker Actu, dont le contenu vidéos est fourni par... Kawa Productions !

La démonstration s'arrête là. Dans cette guerre économique qui se prépare avec l'ouverture à la concurrence, PokerStars.com sort volontiers ses crocs et affiche son intention d'écraser les challengers sur le marché français. "Nous sommes déjà numéro 1 sur le marché, devant des sites comme Everest Poker, Winamax et ChiliPoker. Nous comptons garder ce leadership malgré l'arrivée de la FDJ et du PMU", dixit Alexandre Balkany dans un entretien accordé au Figaro. La messe est dite?

Sébastien ACEDO

Sources :  BananaPoker et Le Figaro
19fév/100

FDJ, Parions Sport, Parions Web … la communication est en route

La FDJ assoit sa position d'acteur unique (officiellement) sur le marché Français et soigne sa communication.
Son offre est déjà en place avec Parions Sport et Parions Web.
Le ton reste institutionnel, mais devrait à coup sûr devenir plus agressif dans les mois qui viennent...

http://www.vimeo.com/9577288

Voici la (belle) vidéo qui illustre la communication FDJ du moment.

3fév/102

La FDJ se lance a l’assaut des paris sportifs

FDJ (ex Française des Jeux) confirme son appétit pour le secteur des paris sportifs avec deux annonces importantes cette semaine : un accord triennal avec TF1 qui permettra a la FDJ d'assurer une tres forte présence off et on-line sur les relais media du groupe TF1, et un accord avec la société LVS lui garantissant une technologie de pointe pour gérer son offre de paris sportifs en ligne.

L'accord FDJ / TF1 annoncé par le journal Challenge permettra notamment a FDJ de proposer un espace dédié aux jeux d'argent en ligne (loterie et paris sportifs) sur le site de TF1.fr, qui attire chaque mois 15 millions de visiteurs uniques. L'offre de paris sportifs de FDJ, actuellement représentée par Parionsweb en online et Parions Sport en offline, sera donc boostée par cet accord avec TF1 qui permet à la FDJ non seulement de préempter un des carrefours d'audience interne les plus puissants (TF1.fr) et ainsi couper l'herbe sous le pied a ses concurrents comme Betclic ou Bwin, mais également de bénéficier en exclusivité de contenus "paris sportifs" produits par TF1 et de pronostics sportifs de stars de la chaîne.

Bonus 300-250Enfin l'accord permet a FDJ de s'assurer le sponsoring de programmes courts sur TF1 dédiés à l'actualité sportive et à la coupe du monde. Habile moyen de contrer le PMU qui a annoncé il y a quelques semaine avoir signé un accord de sponsoring pluri-annuel avec la Federation Francaise de Football.

Tout comme con principal futur concurrent, le PMU, qui avait signé avec le bookmaker irlandais Paddy Power, la FDJ vient, à son tour, de choisir son partenaire pour lancer sa nouvelle offre de paris sportifs. Et l'heureux gagnant est... LVS ! Alors que tout le monde s'apprêtait à voir les leaders du secteur tels Orbis ou Finsoft remporter le marché. Les rumeurs à l'automne dernier laissaient justement entrevoir un possible partenariat avec le géant Orbis. C'est finalement la petite société LVS quia remporté l'appel d'offre du monopole français.

Le spécialiste des plateformes de paris sportifs en ligne sera donc déployé sur l'offre en ligne de la FDJ mais également sur les 26700 terminaux de vente. De quoi donner des ailes au président de LVS, Simon Ordish, qui souhaite par ailleurs signer avec d'autres ex-monopoles dont les pays sont en train de réguler leur marché des paris en ligne : "La société va maintenant profité de l’évolution des réglementations pour chercher de nouveau contrats similaires", a-t-il affirmé. Il a aussi ajouté que ce contrat était "un défi de répondre aux exigences d’un opérateur aussi important, il y a eu beaucoup d’échanges des deux cotés, ce qui nous permet d’aller de l’avant et de négocier d’autres marchés ".

En attendant, la FDJ assume publiquement une posture de conquérant d'un marché des jeux en ligne dont elle voudrait aujourd'hui maîtriser les tenants et les aboutissants. L'avenir dira si le pari de choisir la petite société de logiciel LVS s'est avéré payant...ou pas !

Sébastien ACEDO et Olivier GOULON

22jan/100

Poker en ligne : FDJ et Barriere sont dans un bateau..

Le marché du Poker en ligne ne manque décidément pas d'attiser les convoitises, et les français semblent vouloir se mettre en ordre de marche avant l'ouverture du marché français des jeux d'argent en ligne.
Après Mangas Gaming (Betclic) rachetant le site de poker Everest Poker bien connu des joueurs français, FDJ et le groupe Barriere ont décidé de joindre leurs forces pour bâtir un opérateur de poker capable de rivaliser avec les plus grosses rooms mondiales (Le top 3 mondial étant occupé par Pokerstars, Fulltilt Poker et Party Poker).

Le journal La Tribune révélait hier quelques détails sur l'opération : une société commune détenue à 43,8% chacun par FDJ et le groupe Barriere (les 12,4% restants étant attribués a la société Online Gaming appartenant a Marin Karmitz, qui avait développé le site lecroupier.com pour Barriere) serait créée dans les prochaines semaines afin de se porter candidate à une licence d'opérateur de poker en France auprès de l'ARJEL.
La création de cette société commune est soumise à l'approbation préalable des instances de l'Union Européenne.

La stratégie peut sembler a priori limpide : les casinos Barriere cherchent un relais de croissance après des résultats décevants de ses casinos en dur et une première expérience sur le poker en ligne avec Lecroupier.com en Angleterre, la FDJ souhaite étendre son offre de jeux d'argent en ligne au Poker mais ne connait pas bien ce marché. Un champion français du poker serait donc en train de se constituer.

Cependant un certain nombre de points restent peu clairs. La technologie 3D utilisée pour LeCroupier.com est très segmentante (immersion, mise en situation qui peut plaire aux "gamers" mais pas forcément aux "gamblers" qui veulent privilégier la rapidité de jeu) et s'adresse d'abord aux joueurs débutants. Et le marché du Poker 3D est aujourd'hui nettement préempté par la room de poker PKR, créée il y a 4 ans par des anciens du jeu vidéo (Jez San du studio Argonauts), et qui connait une croissance fulgurante. Le pari pourrait donc être assez risqué de se lancer sur le marché du poker en ligne avec une offre 3D relativement "niche".

Cette stratégie est d'autant moins lisible que FDJ s'était intéressée de près à la technologie de CyberArts, fournisseur de solutions de jeux en ligne, en vue du lancement de sa propre room de poker reposant sur cette technologie. Un accord avait même été annoncé entre FDJ et CyberArts le 16 Mai dernier. CyberArts est notamment le fournisseur de la techno de poker de Gioco Digitale, le leader italien de l'egambling.
Le récent rachat de 35% de CybertArts par Intralot pour 12 Millions de $ (Intralot, société grecque présente dans 50 pays, est opérateur et fournisseur de solutions de loterie, et un des plus gros concurrents européens de FDJ) a pu convaincre les dirigeants de FDJ d'opter pour la sécurisation d'une technologie propriétaire via l'intégration de Online gaming dans la société commune avec le groupe Barrière. Reste à mesurer l'effet sur le deal Barriere/FDJ de la probable introduction en Bourse du Groupe Barrière annoncée par le Figaro hier , le Groupe Accor, actionnaire du groupe a 49%, souhaitant sortir.

Olivier Goulon

20jan/100

Groupes TV et paris en ligne : les chats et la souris

Ce n'est un secret pour personne, les grands groupes media français s'intéressent de près au marché des jeux d'argent en ligne. Donné a environ 800 millions d'Euros de CA en 2010, attendu a près de 1, 8 Milliards d'Euros de revenus trois ans plus tard (source : Francis Merlin), le marché aiguise les appétits, notamment des géants de la TV qui souffrent depuis deux ans (érosion des recettes publicitaires, concurrence d'internet et des chaînes de la TNT). Mais les stratégies des deux grands que sont M6 et TF1 semblent encore hésitantes : devenir opérateur en cherchant à diversifier leur formidable marque grand public sur un secteur en pleine croissance (après le télé-achat, les jeux d'argent?), ou s'allier avec des opérateurs existants en apportant leur puissance de feu médiatique et leur gigantesque base de consommateurs?

L'actualité récente d'Eurosportbet illustre à merveille ce furieux dilemme. Eurosportbet est un site de paris sportifs lancé mi 2009 en Angleterre puis en France dans sa version "paris gratuits". Eurosportbet est opéré par la société SPS betting, détenu par le fonds d'investissement Serendipity (dirigé par Patrick Le Lay, ex PDG de TF1) et par Eurosport (filiale de TF1). Serendipity étant détenu par Bouygues (actionnaire de TF1) et Artemis (Groupe Pinault), la proximité entre Eurosportbet et le groupe TF1 n'était pas qu'une vue de l'esprit. Tout semblait donc clair : Eurosportbet était le bras armé du groupe TF1 sur le secteur des paris sportifs, et une alliance stratégique et médiatique entre ce nouvel opérateur, qui attendait patiemment la légalisation du marché français pour y entrer en fanfare et concurrencer les Betclic, Bwin et FDJ, et le groupe Media allait de soi. Pour résumer, TF1 avait son propre opérateur de paris sportifs.
Les dernières nouvelles sont venues démontrer que tout n'était pas si simple. A la faveur d'un changement de stratégie des actionnaires de Serendipity, annoncé par le journal Le Monde hier, le fonds s'apprête à vendre sa participation dans Eurosportbet au Groupe TF1, qui se retrouverait donc actionnaire a 100% de l'opérateur. Et dans le même temps, la rumeur enfle d'une allliance entre TF1, FDJ et le Groupe Barriere.

Quelle serait alors la place d'Eurosportbet dans ce dispositif? L'opérateur constituera-t-il la base "paris sportifs" d'une offre plus large constituée des actifs poker, betting et jeux de hasard de FDJ, Barriere et TF1? Ou sera-t-il sacrifié par TF1 qui préférera se contenter d'apporter ce qui constitue sa valeur ajoutée principale (puissance media / tunnel d'acquisition grand public), laissant à ses potentiels partenaires FDJ / Groupe Barrière l'orchestration de leurs savoir-faire métier.

Si les enjeux liés à l'ouverture du marché français avaient pu il y a encore quelques mois donner des ailes aux stratégies individuelles ("j'y vais tout seul même si ce n'est pas mon métier"), la prise de conscience des difficultés liées à la technicité du métier et aux contraintes légales posées par le législateur français (le projet de loi doit encore être discuté au Sénat les 23 et 24 février) amène même les plus jusqu'au-boutistes à reconsidérer leur position.

Ainsi le grand rival de TF1, M6, dont l'alliance avec l'opérateur Bwin semblait acquise en France sous la forme d'une offre en marque blanche, semble lui aussi revisiter ses positions. Le journal Challenges annonçait la semaine dernière, rumeur à confirmer, que le Groupe M6 sortirait finalement du deal avec Bwin pour s'allier avec le Groupe 888 et développer une offre uniquement centrée sur le Poker en ligne. En effet, la proposition par M6 d'une offre paris sportifs sous sa marque serait incompatible avec les éléments du projet de loi en cours de discussion qui interdisent au propriétaire d'une équipe de football de proposer des paris sur cette équipe (M6 est actionnaire des Girondins de Bordeaux).

Si le groupe France Televisions est pour l'instant relativement discret sur ses intentions et ne devrait se dévoiler qu'une fois connus tous les contours de la future loi, le Groupe Nextradio (RMC, BFM radio et BFM TV) a choisi la voie plus prudente du partenariat avec un opérateur. Les regards sont désormais tournés vers un géant aux intentions encore floues, le Groupe Canal + : "j'y vais ou j'y vais pas?"

Olivier Goulon

11jan/100

Poker en ligne en France : la course aux alliances est lancee

poker en ligne La trêve des confiseurs n'a pas eu lieu sur le marché des jeux d'argent en ligne, preuve que les gros opérateurs se préparent activement à l'ouverture du marché français avec pour seul objectif la recherche d'un leadership immédiat.

Sans surprise, les acteurs les plus actifs de ces dernières semaines sont les opérateurs officiellement français (PMU et FDJ entre autres) ou dont la France représente le plus gros marché (dont Betclic).

Le Poker est le secteur qui devrait connaître le plus de mouvements (partenariats et acquisitions) car les places sont encore très ouvertes en France. Le leader mondial Pokerstars, qui détiendrait d'après le site Pokernews 38% de parts de marché et a battu en Décembre le record du nombre de joueurs simultanément connectés avec plus de 300 000 personnes, ne dispose probablement pas en France du même niveau de notoriété et souffre aujourd'hui de l'impossibilité légale de communiquer massivement. Winamax, récemment rachetée par Patrick ruel et Marc Simoncini, est à n'en pas douter une des rooms les plus actives en France et a su surfer sur la notoriété de Patrick Bruel depuis plusieurs années. Mais son implantation internationale restant faible par rapport aux géant Poker Stars, Fulltilt et Party Poker, ses moyens risquent d'être plus limités, et elle peut donc représenter une proie pour les géants du secteur si elle ne grossit pas elle même via des acquisitions. Fulltilt, deuxieme room mondiale, reste encore peu connue en France. La possibilité pour un nouvel entrant sur le secteur du poker de s'imposer dans le Top 3 français à l'ouverture du marché, pourvu qu'il ait de gros moyens, de la patience et une bonne stratégie d'acquisition n'est pas nulle.

Les géants français ont bien compris cette opportunité, et c'est Betclic (plus précisément la Holding Mangas Gaming détenant Betclic) qui a tiré le premier avec le rachat d'Everest Poker en Décembre dernier. Everest Poker, une des rooms les plus anciennes du marché, est particulièrement forte en France, et a réussi un coup de maître en signant Antoine Saout, le jeune champion français de 25 ans qui a fini 3eme des WSOP avec un gain de près de 3,5 Millions de $. Avec cette acquisition Mangas Gaming se positionne comme un potentiel leader du marché français avec son offre Betclic sur les paris sportifs et paris hippiques (Betclic Turf)  et Everest sur le poker.

FDJ vient de réagir à ce "smart move" en signant un accord avec le groupe Barriere pour développer en commun une offre de Poker en ligne. D'après le Figaro,le projet d'alliance aurait été validé en conseil d'administration la semaine dernière, et se concretiserait par la création d'une société commune qui ferait une demande de licence officielle auprès de l'ARJEL (future autorité de régulation de marché des jeux en ligne en France) dès que possible. Les casinos Barriere, qui ont accusé une perte en 2009 liée au recul du CA sur les casinos "en dur", avaient lancé leur offre de Casino et Poker en ligne en Angleterre uniquement sous la marque LeCroupier.com

Le mouvement est donc désormais lancé, et l'on peut s'attendre à lire de nouvelles annonces dans les semaines qui viennent. Le PMU, qui  a confirmé son ambition d'être un des 3 plus gros bookmakers en ligne en s'alliant avec l'irlandais Paddypower et en sécurisant un accord quadriennal avec la FFF, ne devrait pas être en reste sur le Poker, soit par une alliance avec un opérateur existant, soit par la licence d'une technologie type Playtech ou G2, soit par l'acquisition d'une room. Outre Winamax, qui pourra etre cible ou prédateur dans les mois à venir en fonction du niveau de cash qu'elle parviendra a mobiliser ou à lever auprès d'investisseurs, une cible de choix pourrait être l'autre room créée par un français (Alexandre Dreyfus), Chilipoker, qui se développe malgré des moyens plus réduits grâce à une politique habile de coups Marketing  (signature de la joueuse pro Liz Liu) et d'accords commerciaux ( signature avec le groupe Illiad/Free pour la France).

La valeur des "petits" Winamax, Chilipoker, Poker 770, pourrait d'ailleurs rapidement s'élever avec l'entrée dans la course au leadership des géants européens du secteur comme Pokerstars, Fulltilt Poker, Party Poker, Titan poker et Bwin qui pourraient procéder à des acquisitions afin de lutter à armes égales avec les français.

Par Olivier GOULON

7jan/100

L’ouverture du marche des jeux en ligne en Juin semble compromise

Le feuilleton de l'ouverture du marché des jeux d'argent en ligne n'en finit pas de connaître des rebondissements. Initialement prévue pour le 1er Janvier 2010, puis repoussée en Avril 2010, un consensus semblait avoir été trouvé fin Octobre dernier sur un objectif d'ouverture effective du marché français des jeux d'argent en ligne (Poker, Paris Sportifs et paris hippiques) en Juin 2010 pour la Coupe du Monde de Football.

Certains opérateurs, et non des moindres (Betclic et Bwin), confiaient néanmoins dès fin Novembre lors des EGR awards de Londres qu'ils ne croyaient que moyennement dans la tenue de ce calendrier très serré. Le PDG de Betfair affirmait même qu'il ne voyait pas le marché français s'ouvrir avant 2011. Les craintes d'un nouveau report se sont fait plus nombreuses et pressantes  lors de l'annonce du report de l'examen du projet de loi par le Sénat (initialement prévue début Décembre 2009) à mi Janvier  2010.

Un semblant d'espoir semblait renaître hier lorsque le senateur François Trucy, rapporteur du projet de loi auprès du Sénat, confiait à igaming France, que le calendrier pourrait être tenu si les travaux du Senat (entamés le 13 Janvier 2010 par l'audition du ministre du budget et finalisés le 9 Février par le bouclage du rapport en séance) n'etaient pas remis en cause par l'Assemblée Nationale lors de son passage en seconde lecture.

Mais, dans la même journée, Jean-François Lamour, rapporteur du projet de loi auprès de l'Assemblée nationale, confiait aux micros de France Inter que le calendrier serait très tendu, parlant de risque d'embouteillage au Sénat.

La confusion reste donc assez grande sur le sujet et l'on peut légitimement s'attendre à ce que la nouvelle loi régulant le marché des jeux d'argent en ligne n'entre en vigueur qu'après l'été. Ce qui, paradoxalement, devrait plutôt impacter défavorablement le PMU (qui ne pourrait proposer son offre de paris sportifs non hippiques pour la Coupe du Monde) et FDJ (qui cartonne avec Parions Sport mais dont le niveau de taxation ne lui permet pas de proposer sur Parionsweb des côtes systématiquement compétitives face aux gros opérateurs "etrangers").

Par Olivier GOULON