Liberalisation des jeux : ce que les Francais en pensent
A deux mois de l'ouverture des jeux d'argent en ligne à la concurrence, que pensent vraiment les Français de cette libéralisation ? Un sondage TNS Sofres Logica pour le quotidien régional Ouest France publié récemment livre quelques éléments de réponse sur la position de la plupart des Français sur cette question.
Il en ressort trois opinions dominantes :
- La peur de l'addiction : Deux tiers des Français (67%) et 71% des joueurs estiment que l'ouverture à la concurrence aura des effets négatifs sur la santé et l'addiction des joueurs. Et ce malgré les discours de prudence du gouvernement. Ce dernier a en effet qu'il luterait contre les dépendances aux jeux avec un budget renforcé de 10 millions d’euros annuels (qui seront prélevés sur les recettes du jeu).
- La crainte des arnaques : L’addiction n’est pas la seule crainte concernant la nouvelle loi, 55% redoutent une augmentation des arnaques. Là encore, la proportion de joueurs ayant cette peur est plus importante que celle des français en général, elle atteint les 60%. Seul 13 % (16% pour les joueurs) pensent que cette libéralisation du marché aura des effets positifs.
- Plus de joueurs ? Près de la moitié des Français (44%) déclarent jouer aux jeux d’argent alors que seuls 3% des Français envisagent de se mettre à jouer à l’avenir. Il faut dire que les jeux comme la Française des Jeux et le PMU ont acquis, en plusieurs décennies d’existence, un statut mythique dans notre société pour les joueurs comme les non-joueurs. Si bien qu’ils sont devenus incontournables, comme le souligne également le sondage : 48% de la population déclare jouer à des jeux d’argent et 13% qui affirment même y jouer souvent. Cependant, c’est une pratique culturelle, entourée de pratiques sociales. Les joueurs ne se contentent pas de jouer, pour la plupart d’entre eux, c’est un moment de détente entre amis.
Les jeux en ligne peuvent-ils mettre au placard plusieurs décennies d'un mode de consommation économique et culturelle des jeux d'argent ? En conclusion, le salut des professionnels du jeu semble donc être la fréquence de jeu des joueurs.
Lisez egalement l'interview d'Edgar Baudin, co fondateur de Gamned et editeur de Ruedesjoueurs, par igamingfrance, sur la perception de l'ouverture du marché par les joueurs.
Jeux en ligne : M6 et Canal + ont trouve leur partenaire
C'est une course contre la montre. Sitôt votée, la loi sur les jeux d'argent en ligne suscite déjà de grandes opérations de rapprochements entre groupes de médias et les opérateurs candidats à une licence en France. Même si le dernier mot reviendra à l'ARJEL, la future autorité de régulation, en coulisses, les opérateurs s'activent pour trouver de bon alliers français.
M6 et Canal + ont officialisé, jeudi, leur entrée dans le marché des paris sportifs, des paris hippiques et du poker. Ainsi, M6 s’est associée au groupe Mangas Gaming, acteur important des jeux en ligne au niveau français puisqu’il regroupe BetClic (un des leaders en terme de paris sportifs) et Everest Poker, salle de poker reconnue en France.
L'accord "stratégique" entre M6 et Mangas Gaming portera sur 4 ans. Les sites du groupe M6 (12 millions de visiteurs mensuels) proposeront aux internautes de parier en ligne sur BetClic de jouer au poker chez Everest. En contrepartie, ces marques parraineront des émissions dédiées aux paris sportifset au poker. Les deux parties sont bien sûr ravies de cet accord. Au-delà, BetClic est en train de tisser une toile. Déjà partenaire de la presse écrite (BetClic a conclu un accord avec plus de 50 quotidiens régionaux) et de la radio (avec Europe 1), les voilà maintenant à la télévision, avec M6.
La chaîne cryptée jouera elle sur les trois tableaux avec son nouveau partenaire Ladbrokes. Cet opérateur historique en Grande-Bretagne propose les trois types de jeu en ligne, ce qui permettra à Canal + de créer prochainement son site de paris sportifs. Les opérateurs pourront prendre des licences à partir du 1er juin, date de l'ouverture du marché. Les deux partenaires ont créé une co-entreprise destinée à se lancer sur le marché français du pari en ligne. Le service sera lancé sous une nouvelle marque, non-encore dévoilée, dans le courant de l'année, en fonction de la modification de législation. Ladbrokes apportera son expérience en matière de technologie notamment et Canal + fournira l'accès aux médias. Chaque partenaire a convenu dans un premier temps d'apporter 2,25 million d'euros à la co-entreprise à 50/50.
Sebastien Acedo et Olivier Goulon
Baroin “sauve” la loi sur les jeux a l’Assemblee
Il s'en est fallu de peu. C'est grâce à l'expérience du nouveau ministre du budget, le chiraquien François Baroin que la deuxième lecture du texte de loi sur les jeux d'argent en ligne ne tourne pas en fiasco politique comme le souhaitait l'opposition.
Voté en première lecture par l'Assemblée nationale le 13 octobre dernier, il a été adopté par le Sénat le 24 février.Le gouvernement veut à tout prix boucler cette réforme avant la coupe du monde de football (11 juin-11 juillet). Pour y parvenir, le texte est examiné au pas de charge: la majorité a donc décidé de ne déposer aucun amendement et de repousser les 200 amendements de la gauche, afin de voter le projet, lors d'un vote solennel le 6 avril, dans une version identique à celle du Sénat, pour une adoption définitive.
C'était sans compter sur l'intervention de l'opposition pour semer la zizanie et espérer sinon empêcher du moins retarder franchement le vote de la loi, tout en portant ses arguments à la connaissance de l'opinion publique. Fer de lance du rejet total du fameux texte de loi, Gaëtan Gorce (PS) a estimé que les députés légiféraient "sous la pression d'intérêts particuliers" alors que "la représentation nationale a tout de même autre chose à faire que de régler dans l'urgence les intérêts de Monsieur Aulas, de Monsieur Courbit et les autres", en référence au président de l'Olympique Lyonnais et Stéphane Courbit, propriétaire de la société de paris en ligne Betclic.
Au terme d'une séance houleuse, le PS a finalement échoué a faire rejeter le texte, après que François Baroin ait demandé une suspension de séances pour mobiliser les députés de la majorité.
Rien n'est encore joué. Car après le vote définitif du Parlement, le gouvernement devra encore obtenir le feu vert de l'Union européenne, du Conseil d'Etat sur les décrets d'application et l'aval du Conseil constitutionnel s'il est saisi par l'opposition.
Loi sur les jeux : la Commission des Finances dit oui
Elle n'aura donc pas tardé à rendre son verdict. La Commission des Finances de l’Assemblée Nationale vient tout juste d'adopter le texte de loi sur les paris en ligne sans y apporter la moindre modification. Une décision qui devrait grandement encourager un vote conforme de l'hémicycle le 31 mars prochain et surtout ne pas retarder l’ouverture du marché des jeux d’argent et des paris en ligne qui devrait avoir lieu avant la Coupe du Monde de Football.
Car derrière, les opérateurs se bousculent et on s'active sévèrement en coulisses quitte à jouer des coudes. Il faut dire que les parts du gâteau à se partager se mesure en centaines de millions d'euros quand il ne s'agit pas de milliard. Dès lors, tous les coups sont permis, toutes les stratégies marketing aussi. D'après Jean-Emmanuel Casalta, directeur général du cabinet NPA Conseil, les mises pourraient représenter de 2 à 3 milliards d'euros dès 2010 en année pleine et rapidement croitre jusqu'à atteindre un volume global compris entre 4 et 6 milliards en 2013.
Tous attendent donc avec impatience le vote final de l'Assemblée nationale. En cas de vote conforme le 31 mars prochain, les décrets nécessaires à son application pourront rapidement être rédigés. Les paris sportifs, les courses hippiques et certains jeux de table comme le poker pourront alors être opérés par les acteurs agréés en France.
Jeux d’argent en ligne : le Senat valide le projet de loi
Il aura fallu 181 voix pour contre 139 pour que le projet de loi sur l'ouverture des jeux d'argent en ligne soit accepté en les termes en première lecture. Peu de modifications ont été apportées malgré les quelques 200 amendements déposés. On retendra esentiellement :
Un renforcement des compétences et de l'autorité de l'ARJEL (Autorité de Régulation des jeux en ligne) : les opérateurs ne seront pas représentés dans cet organe avec la création d’un Comité consultatif des jeux placé sous l’autorité du Premier ministre avec un observatoire des jeux. De plus, le président de l’ARJEL pourra saisir le tribunal de grande instance (TGI) de Paris pour qu’il ordonne aux fournisseurs d’accès à Internet (FAI) de bloquer l’accès aux sites de jeux d’argent qui n’auraient pas reçu l’autorisation d’exercer auprès des internautes français.
Inédit ! la création du "droit de déréférencement" : Les sénateurs ont imposé que l'ARJEL puisse également saisir le TGI de Paris pour faire prescrire "toute mesure destinée à faire cesser le référencement du site d’un opérateur (non homologué) par un moteur de recherche ou un annuaire". C'est la 1ère fois qu'en droit français, un moteur de recherche pourra se faire imposer par un tribunal le retrait d'un site Internet.
Demande de licence : le projet de loi oblige les futurs opérateurs à demander une licence d'exploitation pour la France même s'ils détiennent déjà une licence dans un autre des 27 Etats membres de l'Union européenne.
Les opérateurs étrangers qui obtiendront la licence française devront également remettre à zéro leurs bases de données d’utilisateurs français. Concrètement ils devront clôturer les comptes de leurs joueurs français existant sans pour autant pouvoir leur proposer une réinscription immédiate et automatique sur le site .fr dûment autorisé par l’ARJEL.
Les cartes prépayées autorisées : l'utilisation de chèques et de liquide étant interdites, les instruments de paiement sont les cartes prépayées.
La fiscalité : le texte aligne la fiscalité des jeux en ligne et celle des jeux en "dur" (casinos, FDJ et PMU), ce qui reviendra à baisser la fiscalité actuelle sur les jeux en "dur". En clair, les paris dans les hippodromes ne seront plus taxés qu'à hauteur de 7,5% et la fiscalité sur le poker dans les casinos ne devrait pas dépasser 2%.
Pas de numéro d’identification unique : d'autres amendements ont par contre été rejetés. Certains Sénateurs avaient par exemple désiré introduire un numéro d'identification unique, afin de pouvoir plus facilement tracer un joueur possédant plusieurs comptes sur plusieurs plateformes de jeux en ligne.
Sébastien ACEDO et Olivier GOULON
Jeux en ligne : le Senat opte pour les cartes prepayees
Alors que le projet de loi sur les jeux d'argent en ligne, déjà voté en première lecture à l'Assemblée Nationale, est examiné depuis hier au Sénat, un premier amendement d'importance a été voté concernant les moyens de paiement éligibles, puisque l'utilisation de cartes prépayées sera autorisée.
En effet l'amendement, proposé par le sénateur Nicolas About, indique que "l'approvisionnement d'un compte joueur par son titulaire ne peut être réalisé qu'au moyen d'instruments de paiement mis à disposition par un prestataire de services de paiement".
L'ajout des cartes prépayées aux quelques moyens de paiement autorisés permet à la fois de satisfaire la Commission Européenne qui, d'après le rapporteur de la loi et sénateur François Trucy, tenait à ce moyen de paiement au point de menacer la France d'un contentieux dans le cas inverse, et de contenter certains sénateurs de la majorité qui, par la voix d' Alain Gournac (UMP) qui avait déposé un amendement similaire, estimaient que les cartes prépayées "constituent un moyen de lutte contre l'addiction au jeu" d'après l'AFP.
La valeur de ces cartes prépayées devrait,selon le Sénateur Trucy, être limitée a 100 Euros maximum afin d'éviter les risques de blanchiment.
L'on peut aussi voir à travers l'adoption de cet amendement un geste envers les buralistes qui redoutaient en début de semaine que l'ouverture du marché des jeux en ligne ne les prive de leurs clients réguliers. En effet les cartes prépayées seraient distribuées dans le réseau des bureaux de tabac.
L'heure est à l'optimisme mesuré sur les bancs de la majorité, ce dont ne se cachait pas hier le ministre Eric Woerth, qui estimait toujours tenable le calendrier initial d'une mise en application de la nouvelle loi pour la Coupe du Monde 2010, soit au plus tard au 1er Juin 2010.
Jeux d’argent : en route pour les mega fusions
Le marché français n'est pas le seul a s'ouvrir cette année puisque 7 marchés en Europe vont connaître une légalisation du jeu d'argent en ligne, sans compter le marché américain que les plus optimistes voient s'ouvrir d'ici 3 ans maximum. Ces nouvelles opportunités attisent les convoitises et poussent les leaders des différents marchés à s'allier pour dominer le marché global. Qui sera le plus gros?
Une analyse des enjeux dictant cette course à la taille critique proposée par Olivier Goulon, Président de GAMned, société éditrice de RueDesJoueurs, est publiée sur le Journal du Net.
Fusion Bwin – Partypoker : le retour de la rumeur
La rumeur d'une fusion entre Bwin et Party Gaming (Party Poker) revient sur le devant de la scène grâce au journal anglais The Guardian, qui soutient que les discussions entre les deux géants ont bel et bien repris. De plus Bwin annonçait ce matin un changement de patron à la tête de sa filiale Poker Bwin Games AB avec l'arrivée de Peter Bertilsson, ancien patron de Boss Media (principal concurrent de Playtech sur le secteur B to B).
Le groupe Party Gaming a publié vendredi dernier un communiqué afin de répondre aux "rumeurs de presse" précisant que des discussions préliminaires avaient bien lieu avec plusieurs acteurs du secteur sans toutefois présumer de l'issue des ces négociations.
