Jeux en ligne : M6 et Canal + ont trouve leur partenaire
C'est une course contre la montre. Sitôt votée, la loi sur les jeux d'argent en ligne suscite déjà de grandes opérations de rapprochements entre groupes de médias et les opérateurs candidats à une licence en France. Même si le dernier mot reviendra à l'ARJEL, la future autorité de régulation, en coulisses, les opérateurs s'activent pour trouver de bon alliers français.
M6 et Canal + ont officialisé, jeudi, leur entrée dans le marché des paris sportifs, des paris hippiques et du poker. Ainsi, M6 s’est associée au groupe Mangas Gaming, acteur important des jeux en ligne au niveau français puisqu’il regroupe BetClic (un des leaders en terme de paris sportifs) et Everest Poker, salle de poker reconnue en France.
L'accord "stratégique" entre M6 et Mangas Gaming portera sur 4 ans. Les sites du groupe M6 (12 millions de visiteurs mensuels) proposeront aux internautes de parier en ligne sur BetClic de jouer au poker chez Everest. En contrepartie, ces marques parraineront des émissions dédiées aux paris sportifset au poker. Les deux parties sont bien sûr ravies de cet accord. Au-delà, BetClic est en train de tisser une toile. Déjà partenaire de la presse écrite (BetClic a conclu un accord avec plus de 50 quotidiens régionaux) et de la radio (avec Europe 1), les voilà maintenant à la télévision, avec M6.
La chaîne cryptée jouera elle sur les trois tableaux avec son nouveau partenaire Ladbrokes. Cet opérateur historique en Grande-Bretagne propose les trois types de jeu en ligne, ce qui permettra à Canal + de créer prochainement son site de paris sportifs. Les opérateurs pourront prendre des licences à partir du 1er juin, date de l'ouverture du marché. Les deux partenaires ont créé une co-entreprise destinée à se lancer sur le marché français du pari en ligne. Le service sera lancé sous une nouvelle marque, non-encore dévoilée, dans le courant de l'année, en fonction de la modification de législation. Ladbrokes apportera son expérience en matière de technologie notamment et Canal + fournira l'accès aux médias. Chaque partenaire a convenu dans un premier temps d'apporter 2,25 million d'euros à la co-entreprise à 50/50.
Sebastien Acedo et Olivier Goulon
Jeux d’argent en ligne : le Senat valide le projet de loi
Il aura fallu 181 voix pour contre 139 pour que le projet de loi sur l'ouverture des jeux d'argent en ligne soit accepté en les termes en première lecture. Peu de modifications ont été apportées malgré les quelques 200 amendements déposés. On retendra esentiellement :
Un renforcement des compétences et de l'autorité de l'ARJEL (Autorité de Régulation des jeux en ligne) : les opérateurs ne seront pas représentés dans cet organe avec la création d’un Comité consultatif des jeux placé sous l’autorité du Premier ministre avec un observatoire des jeux. De plus, le président de l’ARJEL pourra saisir le tribunal de grande instance (TGI) de Paris pour qu’il ordonne aux fournisseurs d’accès à Internet (FAI) de bloquer l’accès aux sites de jeux d’argent qui n’auraient pas reçu l’autorisation d’exercer auprès des internautes français.
Inédit ! la création du "droit de déréférencement" : Les sénateurs ont imposé que l'ARJEL puisse également saisir le TGI de Paris pour faire prescrire "toute mesure destinée à faire cesser le référencement du site d’un opérateur (non homologué) par un moteur de recherche ou un annuaire". C'est la 1ère fois qu'en droit français, un moteur de recherche pourra se faire imposer par un tribunal le retrait d'un site Internet.
Demande de licence : le projet de loi oblige les futurs opérateurs à demander une licence d'exploitation pour la France même s'ils détiennent déjà une licence dans un autre des 27 Etats membres de l'Union européenne.
Les opérateurs étrangers qui obtiendront la licence française devront également remettre à zéro leurs bases de données d’utilisateurs français. Concrètement ils devront clôturer les comptes de leurs joueurs français existant sans pour autant pouvoir leur proposer une réinscription immédiate et automatique sur le site .fr dûment autorisé par l’ARJEL.
Les cartes prépayées autorisées : l'utilisation de chèques et de liquide étant interdites, les instruments de paiement sont les cartes prépayées.
La fiscalité : le texte aligne la fiscalité des jeux en ligne et celle des jeux en "dur" (casinos, FDJ et PMU), ce qui reviendra à baisser la fiscalité actuelle sur les jeux en "dur". En clair, les paris dans les hippodromes ne seront plus taxés qu'à hauteur de 7,5% et la fiscalité sur le poker dans les casinos ne devrait pas dépasser 2%.
Pas de numéro d’identification unique : d'autres amendements ont par contre été rejetés. Certains Sénateurs avaient par exemple désiré introduire un numéro d'identification unique, afin de pouvoir plus facilement tracer un joueur possédant plusieurs comptes sur plusieurs plateformes de jeux en ligne.
Sébastien ACEDO et Olivier GOULON
Bwin et Partygaming, rumeurs de mega fusion
Le secteur des jeux d'argent en ligne bruisse de multiples rumeurs de rachats et de fusions ces dernières semaines. Après le possible rachat d'Everest Poker par Betclic (toujours pas confirmé ou infirmé par les interessés) et les rumeurs d'un rapprochement entre le Groupe Barriere et FDJ, c'est le leader européen BWin qui est au centre de toutes les attentions. L'on prêtait au bookmaker autrichien et géant du secteur (448 Millions d'Euros de CA en 2008 et capitalisation boursière supérieure a 1,4 Milliards d'Euros) la volonté, démentie depuis par ses dirigeants, de racheter le groupe 888 holdings, éditeur notamment de 888 casino, Pacific Poker et du 888 sports.
Quelques semaines seulement après ce premier démenti, Bwin revient aujourd'hui sous les spotlights avec la rumeur persistante d'une mega fusion entre Bwin et Partygaming. Le groupe Partygaming, ancien leader du secteur des jeux d'argent en ligne avant ses déconvenues aux USA (très présent aux Etats Unis, Partygaming a subi de plein fouet l'interdiction en 2006 des jeux d'argent en ligne pour les joueurs américains), reste un des 3 leaders du poker en ligne avec sa room Party Poker. Valorisé près d'1 Milliard d'Euros, Partygaming est un gros morceau pour Bwin et serait, si la mécanique complexe d'intégration ne rebute pas les actionnaires et dirigeants, une prise de choix pour Bwin.
En effet, le groupe autrichien souhaite confirmer son leadership en Europe, acquis grâce à son offre de paris sportifs et à une stratégie de communication grand public très efficace au travers notamment de contrats de sponsoring de grands clubs européens comme le Real Madrid et le Milan AC. Une fusion - acquisition du groupe Partygaming lui permettrait de développer une offre de premier plan sur les principaux segments de marché, et surtout de se préparer à l'ouverture successive des marchés européens. Sans oublier la réouverture tant attendue du marché américain, que tous les opérateurs espèrent possible dans un avenir relativement proche ( 1 a 2 ans). Dans ce mouvement inéluctable de concentration du secteur face aux enjeux gigantesques qui se dessinent, on peut s'attendre à ce que les principaux concurrents de Bwin, les SportingBet, William Hill, PMU, FDJ et autres Betway regardent avec attention des cibles potentielles comme 888, Winamax ou Chilipoker.
L'action Partygaming, qui a connu une croissance de 94% sur an, a crû de 2,3% ce matin a 2,9 € sur le LSE
L'action de Bwin cote a plus de 41 € ce lundi avec un bond de plus de 10% depuis vendredi 11/12 matin
La FDjeux se diversifie et va proposer un “loto humanitaire”
En effet, un nouveau décret devrait être promulgué d'ici la fin de l'année afin de permettre le lancement d'un loto humanitaire mondial.
Ce décret, qui aura pour but de redéfinir la répartition des gains, va permettre à la Française des Jeux de proposer un loto humanitaire mondial diffusé sur France2 d'ici 2010, sous l'impulsion de l'animateur producteur, Frédéric Lopez.
Ce loto, nommé "Parions pour un monde meilleur", sera joué quatre fois par an et permettra de reverser un pourcentage des gains (surement aux alentours de 20%) à un projet d'aide au développement à définir.
Nous ne pouvons donc que saluer ce projet pour une fois qu'une grande entreprise reverse une partie de ses gains à une oeuvre humanitaire, mais il faut savoir que le concept original de ce projet a déjà 10 ans, et c'est seulement maintenant que les initiateurs, Ondine Khayat et Frédéric Koskas, ont trouvé l'appui nécessaire pour lancer ce loto.
Peut-être y faut-il y voir une preuve que la FDjeux redoute la fin de son monopole et, par conséquent, s'ouvre à de nouvelles offres...
AS
Vote en premiere lecture du projet de loi sur les paris et jeux en ligne
L’Assemblée Nationale a voté solennellement mardi en première lecture le projet de loi sur les jeux et paris en ligne mais l'exception française ne semble pas prête d'être finie... Retour sur ce qui a été voté !
Tout d’abord, comment ne pas parler du calendrier ? En effet, le temps a joué un rôle considérable dans les débats puisque l’objectif est d’être prêt pour la Coupe du Monde 2010, dans moins d’un an donc. Le texte adopté par le Parlement, n’arrivera au Sénat qu’en janvier prochain en raison de contraintes administratives. C’est donc déjà 6 semaines de perdues. De plus, le Parlement doit être suspendu fin février en raison des élections régionales de mars, donc autrement dit, l’heure est grave et le gouvernement doit absolument déclarer l’état d’urgence en janvier. Chose qui sera probablement faite puisque dans l’intérêt de tous !
Passons maintenant aux objectifs. Le principal est de trouver un équilibre entre les attentes fiscales et les opportunités économiques, tout en tenant évidemment compte de la défense et de la protection des consommateurs. La France s’est donc alignée sur les modèles italiens et belges d’une régulation qualitative, à l’inverse de pays comme Malte ou Gibraltar, très quantitatifs. L’objectif n’est pas de maximiser les profits mais plutôt de maintenir l’équilibre des recettes atteintes par l’Etat en 2008, soit 5 milliards d’euros. Dans le but de protéger les consommateurs, l’ARJEL (Autorité de régulation des jeux en ligne), une autorité administrative indépendante de régulation a vu ses « pouvoirs » être renforcés puisqu’elle sera en charge de prévenir l’addiction, de vérifier la conformité des sites aux cahiers des charges, de contrôles ces sites (et donc de sanctionner)... Elle sera donc composée de personnes diverses (maires, organisateurs d’événements, opérateurs de jeux …) et pourra demander à un FAI de bloquer l’accès à un site frauduleux. Elle pourra également bloquer les flux financiers du dit site.
Voyons maintenant une des exceptions françaises, c'est-à-dire l’accord des licences aux opérateurs. Première nouvelle, il n’y aura pas de limitations quantitatives et il n’y aura de licences que pour les paris en ligne et les jeux de hasard faisant appel à l’expertise des joueurs. Autrement dit, les paris sportifs, les paris hippiques et le poker (+ d’autres jeux « d’adresse » à définir). De plus, il ne sera possible de ne parier qu’à cotes fixes ou en live betting mais non en betting exchange (bourse d’échange de paris) ou en spread betting (paris sur un nombre d’actions, de buts, de corners…). Il y aura donc forcément un coût à définir pour cette licence qui sera obtenue pour 5 ans, renouvelable.
Nous vous passons le cahier des charges à respecter mais il faudra forcément que le site n’ait pas d’antécédents juridiques, qu’il soit basé en UE, qu’il encadre les joueurs addicts… et il y aura un taux de retour aux joueurs plafonné à 85% !
Par contre, il y aura une obligation très importante pour nous, les joueurs ;), tout opérateur candidat devra prouver la destruction de leurs comptes joueurs français actifs avant l’obtention de la licence, et c’est le joueur qui devra se réinscrire sur le site en .FR (autre obligation). Concrètement, les comptes vont être supprimés donc retirez tout votre argent des comptes avant la promulgation de la loi !!! Il faudra, de plus, fournir des papiers d’identité pour prouver notre majorité avant de pouvoir déposer de l’argent !
Pour finir sur une partie plus fiscale, qui d’ailleurs suscite la polémique, la taxation des opérateurs sera de 7,5% sur les mises de paris hippiques et sportifs, 1,8% de redevance pour la filière hippique et la sport amateur et 2% sur les mises de poker avec un plafonnement à 1€ la donne pour les Cash Game. On voit donc bien là une volonté française de protéger la FdJ et le PMU….
En conclusion, voici ce qu’il faut retenir de cette loi qui est très contraignante. Tout d'abord, plusieurs amendements renforcent les restrictions contre les nouveaux entrants européens potentiels et consolident encore plus la position des opérateurs historiques, le PMU et la Française des Jeux. Ce qui confirme la volonté du Gouvernement de se battre en faveur d’une spécificité française. De plus, au moment où l’Europe suit les développements de la réforme française, l’introduction d’un certain nombre de restrictions injustifiées menace de mettre à mal le bon fonctionnement du marché. Parmi ces restrictions votées mardi, on retrouve donc la mise à zéro des comptes clients, la discrimination de certains opérateurs dans d’autres juridictions de l’Union Européenne, ou encore une limitation supplémentaire sur le taux de retour aux joueurs. Ces nouvelles restrictions s’ajoutent à celles déjà annoncées, comme l’introduction d’un droit au pari sportif et l’obligation pour les opérateurs d’établir une plate-forme informatique en France…. Espérons donc que le tir soit rectifié d’ici janvier et que nous puissions enfin parier en toute légalité dans notre cher pays !
AS
Les juges européens condamnent les jeux en ligne
La condamnation de Bwin par la Cour européenne de justice aura-t-elle des conséquences sur l’ouverture des jeux et paris en ligne en France ?
Mardi 8 septembre fut un coup dur pour les jeux en ligne. Saisie par le tribunal de Porto, la Cour Européenne de Justice a jugé légitime la volonté du Portugal d’interdire les opérateurs comme Bwin de proposer des jeux de hasard sur le Net, en raison des dangers qu'ils peuvent représenter.
« Eu égard aux particularités liées à l'offre de jeux de hasard par internet, la Cour estime que l'interdiction faite à des opérateurs tels que Bwin de proposer des jeux de hasard par internet peut être considérée comme justifiée par l'objectif de lutte contre la fraude et la criminalité et donc comme compatible avec le principe de la libre prestation de services ». « L'objectif de lutte contre la criminalité invoqué par le Portugal peut constituer une raison impérieuse d'intérêt général susceptible de justifier des restrictions quant aux opérateurs autorisés à proposer des services dans le secteur des jeux de hasard », ajoute la Cour. Cette affaire est due à un recours de la société commerciale de jeux en ligne Bwin, établie à Gibraltar, et la Ligue de football professionnelle portugaise.
Décision de mauvaise augure ?
Alors que l’association des loteries européennes aspire à « une grande victoire pour les loteries nationales » la France s'apprête à statuer sur l'ouverture des jeux en ligne sur son territoire. Le texte de loi élaboré par le ministre du budget Eric Woerth, doit en effet être présenté aux députés début octobre, pour une ouverture à la concurrence au printemps 2010. La « deadline » étant la Coupe du Monde de Football, un des évènement les plus attendues des sites de paris sportifs.
Certains députés et sénateurs, contre ce projet de libéralisation, s’empareront à cœur joie de cette décision. Le député PS Gaëtan Gorce a d'ailleurs rapidement réagi : « cet arrêt prive le projet de loi présenté par le ministre Eric Woerth de toute justification juridique. Le groupe socialiste demande par conséquent au gouvernement de le retirer de l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale. »
Mais l'arrêt de la justice européenne survient alors que la Commission a multiplié les procédures d'infraction à l'encontre des monopoles historiques. Pour Charlie McCreevy, le commissaire au marché intérieur, « il s'agit d'ouvrir à la concurrence les paris sportifs et hippiques sur Internet. » Le projet de loi français est « une ouverture maîtrisée du jeu en ligne », une volonté d'organiser un marché où l'activité des sites illégaux se développent.
Des alliances avec les médias
L’ouverture du marché se prépare et déjà les alliances se multiplient. Et tout le monde s’y met : les sites considéraient aujourd’hui comme illégaux, Bwin, Unibet ou encore Betclic, les casinotiers mais aussi la Française des jeux et le PMU qui ont le monopole actuel.
- Bwin s’associe avec le groupe Amaury, éditeur de l'Equipe, et finalise un accord avec M6 ! Bwin futur sponsor des Girondins de Bordeaux ? Affaire à suivre.
- BetClic, qui compte parmi ses actionnaires l'ex-producteur de télévision Stéphane Courbit, s’allie à Europe1 et sponsorise le club de football de Lyon (OL.
- Unibet a quant à lui signé un accord avec RMC.
La bataille publicitaire et commerciale est d’ores et déjà lancé, mais gare aux faux pas !
Mardi 8 septembre fut un coup dur pour les jeux en ligne. Saisie par le tribunal de Porto, la Cour Européenne de Justice a jugé légitime la volonté du Portugal d’interdire les opérateurs comme Bwin de proposer des jeux de hasard sur le Net, en raison des dangers qu'ils peuvent représenter.