Poker en ligne en France : la course aux alliances est lancee
La trêve des confiseurs n'a pas eu lieu sur le marché des jeux d'argent en ligne, preuve que les gros opérateurs se préparent activement à l'ouverture du marché français avec pour seul objectif la recherche d'un leadership immédiat.
Sans surprise, les acteurs les plus actifs de ces dernières semaines sont les opérateurs officiellement français (PMU et FDJ entre autres) ou dont la France représente le plus gros marché (dont Betclic).
Le Poker est le secteur qui devrait connaître le plus de mouvements (partenariats et acquisitions) car les places sont encore très ouvertes en France. Le leader mondial Pokerstars, qui détiendrait d'après le site Pokernews 38% de parts de marché et a battu en Décembre le record du nombre de joueurs simultanément connectés avec plus de 300 000 personnes, ne dispose probablement pas en France du même niveau de notoriété et souffre aujourd'hui de l'impossibilité légale de communiquer massivement. Winamax, récemment rachetée par Patrick ruel et Marc Simoncini, est à n'en pas douter une des rooms les plus actives en France et a su surfer sur la notoriété de Patrick Bruel depuis plusieurs années. Mais son implantation internationale restant faible par rapport aux géant Poker Stars, Fulltilt et Party Poker, ses moyens risquent d'être plus limités, et elle peut donc représenter une proie pour les géants du secteur si elle ne grossit pas elle même via des acquisitions. Fulltilt, deuxieme room mondiale, reste encore peu connue en France. La possibilité pour un nouvel entrant sur le secteur du poker de s'imposer dans le Top 3 français à l'ouverture du marché, pourvu qu'il ait de gros moyens, de la patience et une bonne stratégie d'acquisition n'est pas nulle.
Les géants français ont bien compris cette opportunité, et c'est Betclic (plus précisément la Holding Mangas Gaming détenant Betclic) qui a tiré le premier avec le rachat d'Everest Poker en Décembre dernier. Everest Poker, une des rooms les plus anciennes du marché, est particulièrement forte en France, et a réussi un coup de maître en signant Antoine Saout, le jeune champion français de 25 ans qui a fini 3eme des WSOP avec un gain de près de 3,5 Millions de $. Avec cette acquisition Mangas Gaming se positionne comme un potentiel leader du marché français avec son offre Betclic sur les paris sportifs et paris hippiques (Betclic Turf) et Everest sur le poker.
FDJ vient de réagir à ce "smart move" en signant un accord avec le groupe Barriere pour développer en commun une offre de Poker en ligne. D'après le Figaro,le projet d'alliance aurait été validé en conseil d'administration la semaine dernière, et se concretiserait par la création d'une société commune qui ferait une demande de licence officielle auprès de l'ARJEL (future autorité de régulation de marché des jeux en ligne en France) dès que possible. Les casinos Barriere, qui ont accusé une perte en 2009 liée au recul du CA sur les casinos "en dur", avaient lancé leur offre de Casino et Poker en ligne en Angleterre uniquement sous la marque LeCroupier.com
Le mouvement est donc désormais lancé, et l'on peut s'attendre à lire de nouvelles annonces dans les semaines qui viennent. Le PMU, qui a confirmé son ambition d'être un des 3 plus gros bookmakers en ligne en s'alliant avec l'irlandais Paddypower et en sécurisant un accord quadriennal avec la FFF, ne devrait pas être en reste sur le Poker, soit par une alliance avec un opérateur existant, soit par la licence d'une technologie type Playtech ou G2, soit par l'acquisition d'une room. Outre Winamax, qui pourra etre cible ou prédateur dans les mois à venir en fonction du niveau de cash qu'elle parviendra a mobiliser ou à lever auprès d'investisseurs, une cible de choix pourrait être l'autre room créée par un français (Alexandre Dreyfus), Chilipoker, qui se développe malgré des moyens plus réduits grâce à une politique habile de coups Marketing (signature de la joueuse pro Liz Liu) et d'accords commerciaux ( signature avec le groupe Illiad/Free pour la France).
La valeur des "petits" Winamax, Chilipoker, Poker 770, pourrait d'ailleurs rapidement s'élever avec l'entrée dans la course au leadership des géants européens du secteur comme Pokerstars, Fulltilt Poker, Party Poker, Titan poker et Bwin qui pourraient procéder à des acquisitions afin de lutter à armes égales avec les français.
Par Olivier GOULON
Ouverture du marche francais des jeux d argent: qui perd gagne ?
La prochaine ouverture encadrée du marché français des jeux d'argent en ligne, toujours prévue aux alentours du mois de Juin 2010, si elle déchaîne les passions parlementaires et médiatiques sur ses aspects éthiques et juridiques, suscite également de nombreuses interrogations stratégiques, et notamment une question principale : a qui profitera-t-elle?
Les grandes manœuvres annoncées par les opérateurs historiques laissent clairement penser que le PMU et la Francaise des jeux ont plusieurs cordes à leur arc. Seuls autorisés aujourd'hui à communiquer sur leur offre et leur marque en France, les deux géants français rivalisent de pression media (on line bien sur mais également TV radio et presse), ce qui leur permet de cultiver un niveau de notoriété que les nouveaux entrants ne pourront atteindre qu' au travers d'un investissement publicitaire que peu d'entre eux pourront se payer (Bwin, Betclic, Sportingbet et EurosportBet probablement, ainsi que 2 ou 3 géants du poker comme Pokerstars, Fulltilt Poker ou Titan Poker).
De plus, FDJ, qui vient d'etoffer son offre de paris sportifs en ligne avec parionsweb lancé il y a dix jours, lance le 17 Novembre sa nouvelle offre de paris chez les buralistes, Parions Sport (en remplacement de Cote et Match et Cote et Score) à grand renfort de publicité off line. Et le PMU confirme sa volonté de sortir du "simple" pari hippique (9 milliards d'Euros de CA tout de même) en étendant son offre aux paris sportifs avec le soutien de Paddy Power.
"Les pure players devront riposter"
Les pure players qui n'ont pas atteint une taille mondiale et n'ont donc pas les poches aussi profondes que les géants sus-cités devront rivaliser de bonnes idées Marketing pour s'imposer. On peut penser que Winamax, qui est probablement aujourd'hui le site de poker en ligne le mieux implanté en France, soutenu et détenu par deux brillants porte paroles (Patrick Bruel et Marc Simoncini), ainsi que Chilipoker, le site d'Alexandre Dreyfus qui vient d'annoncer étendre son offre aux paris sportifs avec Chilibet, sauront tirer leur épingle du jeu en s'appuyant sur une communauté de joueurs fidèles et sur des coups Marketing dont ils sont les grands experts.
"Une diversification des casinos ?"
Reste les casinotiers, présentés pour l'instant comme les grands perdants de l'ouverture du marché. Le groupe Barrière, détenteur de 35 établissements de jeux, a annoncé un recul de son chiffre d'Affaires de 15% en 2008, et mise sur le succès de son casino en ligne Lecroupier.com (non disponible en France pour l instant), dont on peut s'attendre à ce que la salle de poker 3D soit le fer de lance de son offre internet légale. Mais Barriere devra compter avec la concurrence de l'excellent PKR, le leader du poker 3D sur internet. Le groupe Partouche, très mal en point, vient d'arracher à ses créanciers un delai supplémentaire de 3 ans pour rembourser sa dette (298 Millions d'Euros), et devra probalement vendre certains actifs pour y parvenir dans les temps.
Malgré une amélioration récente de la fiscalité sur les casinos "en dur" (60 % de taxe sur le PBJ tout de même), ceux ci souffrent d'un exode massif des joueurs vers internet pour cause de legislation anti-tabac. La future loi encadrant le marché des jeux d'argent en ligne ne prévoyant pas l'ouverture des casinos en ligne, les casinotiers ne pourront espérer se refaire qu'en obtenant et développant avec succès une franchise de poker en ligne, ou de paris sportif (plus compliqué car plus éloigné du savoir-faire des casinos ).
L'on voit donc que les enjeux sont divers et nettement plus complexes que ce qu'un instantané des forces en présence pourrait révéler : Le PMU et FDJ ne sont pas forcément les grands perdants de l'ouverture du marché, même s'ils perdent leur monopole hors jeux de hasard, les nouveaux entrants devront investir massivement/intelligemment, et en tout cas accepter de perdre de l'argent, avant de tirer profit d'un marché qui devrait dépasser les 5 millions de joueurs en ligne d'ici 3 ans. Le vieil adage "qui perd gagne" trouve enfin ici tout son sens !
Par Olivier Goulon
Pluie de dollars pour Winamax
Le site de poker winamax.com, bien connu des joueurs français et qui doit son succès entre autres à la présence à son capital de Patrick Bruel et de Marc Simoncini (fondateur de Meetic), a publié ses résultats, ce qui estfort appréciable puisque trop peu de rooms de poker font cet effort de transparence pourtant nécessaire.
Et le moins qu on puisse dire c'est que Winamax est une affaire très rentable !
Avec une croissance de ses revenus de 85% sur un an, Winamax affiche un chiffre d'affaires de 18,3 Millions d'Euros.
Si ce chiffre peut paraître relativement faible par rapport aux géants du poker comme Poker stars ou Party Gaming, sa croissance est impressionante, puisqu'a un quasi doublement des revenus entre 2008 et 2007, s'ajoute un décuplement du chiffre entre 2006 et 2008 (18,3 Millions d'Eurons contre 1,3 Millions d'Euros au titre de l'exercice 2006).
On apprend ainsi que Winamax.com a réalisé, pour l’exercice clôturé au 31/12/2008, un chiffre d’affaires de 18,3 millions d’euros, soit une augmentation de 85% par rapport à l’exercice précédent (9,8 millions) et de 1 300 % par rapport à l’exercice 2006 (1,3 millions).
Et le résultat net après impôt vient confirmer l'excellente santé du site de poker avec un chiffre qui ferait rêver plus d'un entrepreneur : 3,2 Millions d'Euros en 2008.
Quelques mois avant l'ouverture encadrée du marché français au secteur des jeux d'argent en ligne, pour lequel il paraît plus que probable que Winamax.com sera candidat à une licence auprès de l'ARJEL vu l'importante renommée du site auprès des joueurs français, la room de Patrick Bruel montre qu'elle devrait compter parmi les gros du secteur et constituer un prédateur plutôt qu'une proie dans l'inévitable concentration du marché ces prochaines années.