Baroin “sauve” la loi sur les jeux a l’Assemblee
Il s'en est fallu de peu. C'est grâce à l'expérience du nouveau ministre du budget, le chiraquien François Baroin que la deuxième lecture du texte de loi sur les jeux d'argent en ligne ne tourne pas en fiasco politique comme le souhaitait l'opposition.
Voté en première lecture par l'Assemblée nationale le 13 octobre dernier, il a été adopté par le Sénat le 24 février.Le gouvernement veut à tout prix boucler cette réforme avant la coupe du monde de football (11 juin-11 juillet). Pour y parvenir, le texte est examiné au pas de charge: la majorité a donc décidé de ne déposer aucun amendement et de repousser les 200 amendements de la gauche, afin de voter le projet, lors d'un vote solennel le 6 avril, dans une version identique à celle du Sénat, pour une adoption définitive.
C'était sans compter sur l'intervention de l'opposition pour semer la zizanie et espérer sinon empêcher du moins retarder franchement le vote de la loi, tout en portant ses arguments à la connaissance de l'opinion publique. Fer de lance du rejet total du fameux texte de loi, Gaëtan Gorce (PS) a estimé que les députés légiféraient "sous la pression d'intérêts particuliers" alors que "la représentation nationale a tout de même autre chose à faire que de régler dans l'urgence les intérêts de Monsieur Aulas, de Monsieur Courbit et les autres", en référence au président de l'Olympique Lyonnais et Stéphane Courbit, propriétaire de la société de paris en ligne Betclic.
Au terme d'une séance houleuse, le PS a finalement échoué a faire rejeter le texte, après que François Baroin ait demandé une suspension de séances pour mobiliser les députés de la majorité.
Rien n'est encore joué. Car après le vote définitif du Parlement, le gouvernement devra encore obtenir le feu vert de l'Union européenne, du Conseil d'Etat sur les décrets d'application et l'aval du Conseil constitutionnel s'il est saisi par l'opposition.
Betclic rachete Everest Poker
C'est officiel, la société Mangas Gaming, déja propriétaire des sites de paris sportifs Betclic, Expekt et Bet-at-home, vient d'acquérir 60% de la principale room de poker indépendante Everest Poker.
Mangas Gaming, détenue par l'ancien patron d'Endemol Stephane Courbit via Financiere Lov et par la Société des Bains de Mers de Monaco (controllée par la principauté de Monaco), a racheté la majorité des parts d'Everest Poker à son propriétaire actuel, le groupe GigaMedia Ltd côté au Nasdaq et basé a Hong Kong.
Comme souvent chez les anglo-saxons, le rachat se fait en partie en cash à la signature (100 Millions de US$) et en partie en earn-out (somme payée à terme, ici fixée a fin 2012, dont le montant dépendra de la valorisation de la société à fin 2012). L'acquéreur dispose également d'une option de rachat des 40% restants d'Everest poker entre 2013 et 2015.
Avec ce rachat, le groupe Mangas Gaming devient leader incontesté du marché français du poker en ligne devant Winamax et Pokerstars, et devient un sérieux prétendant dans la course au leadership européen qui oppose notamment Bwin, Betclic, William Hill et SportingBet sur le secteur des jeux d'argent en ligne.
Le cash out finalement assez faible sur cette opération (Mangas Gaming ne devra sortir "que" 67 Millions d'Euros sur les deux prochaines années) comparé à la réelle opportunité de leadership apportée par cette acquisition ne devrait pas laisser tres longtemps sans réaction les principaux concurrents de Betclic et relancer les rumeurs d'acquisitions et de mega fusions dans les prochaines semaines. Y compris chez les opérateurs historiques comme PMU et FDJ.