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14avr/100

Le PMU fait peau neuve et affiche ses ambitions

Ce que la nouvelle version du PMU proposera a de quoi bouleverser plus de cinquante années d'un monopole d'Etat qui nous avait habitué aux courses hippiques et aux écuries. Désormais, le PMU nouveau est arrivé : plus diversifié, plus ambitieux, son président depuis un an, Philippe Germond veut lui donner les moyens pour bien se défendre face à la concurrence qui se prépare à inonder le marché français des jeux d'argent en ligne.

Premier opérateur de paris hippiques européen (9,3 milliards d'euros de CA en 2009), le PMU va en effet proposer tout l'éventail des jeux d'argent en ligne, du pari hippique bien sûr aux  paris sportifs et poker sous la seule  et même marque du PMU. C'est là toute la nouveauté :  "Le PMU proposera une offre de paris sportifs, la plus compétitive et la plus large possible, comme le définira L’ARJEL. Nous ne pouvons pas nous limiter uniquement aux paris hippiques face à de futurs concurrents qui disposeront d’une offre globale de paris sportifs, hippiques et de poker. Les études le montrent : 37% de nos clients sur pmu.fr jouent déjà aux paris sportifs et un autre tiers a déclaré son intention de le faire", a déclaré récemment Philippe Germond.

Des résultats 2009 prometteurs

Le PMU a enregistré pour l'année 2009 un résultat net de 731 millions d'euros en 2009, en repli de 0,7 %, pour un chiffre d'affaires en progression pour la 12ème année consécutive, à 9,303 milliards d'euros (+ 0,4%). Pour le premier trimestre 2010, le chiffre d'affaires augmente de 0,5 % à 2,379 milliards d'euros. Le PMU entend se positionner en "opérateur global" (paris hippiques, sportifs et poker).

Son PDG s'est ainsi fixé l'objectif  d'augmenter de 15% le nombre des courses nationales adossées à des paris (106 réunions supplémentaires pour les neuf derniers mois de 2010), figurer parmi les trois premiers opérateurs de paris sportifs (football à 70%, tennis, rugby, F1) en ligne et proposer une "offre complémentaire" pour le poker afin de "fidéliser ses clients et en conquérir de nouveaux". Rien que cela. Le challenge s'annonce relever mais la direction est prête à s'en donner les moyens.

Un partenariat avec Paddy Power

Le PMU vient d'annoncer qu'il venait tout juste de signer un partenariat d'exclusivité de cinq ans avec Paddy Power, le bookmaker irlandais.

Il compte ainsi réaliser 100 millions d'euros de chiffre d'affaires supplémentaires sur Internet grâce à l'ouverture du marché des jeux en ligne, prévu pour le début du mois de juin.  "En 2011, notre objectif est d'être parmi les trois premiers opérateurs de paris sportifs et de dépasser le milliard d'euros de chiffre d'affaires sur internet", a fixé comme objectif  Philippe Germond, dans une interview donnée au "Monde".

A noter que des partenariats ont également été signés avec des médias, notamment RMC, TF1, RTL et Le Figaro.fr ainsi que des fédérations sportives (FFF, Ligue nationale de rugby).

Sebastien Acedo et Olivier Goulon

3fév/100

La FDJ se lance a l’assaut des paris sportifs

FDJ (ex Française des Jeux) confirme son appétit pour le secteur des paris sportifs avec deux annonces importantes cette semaine : un accord triennal avec TF1 qui permettra a la FDJ d'assurer une tres forte présence off et on-line sur les relais media du groupe TF1, et un accord avec la société LVS lui garantissant une technologie de pointe pour gérer son offre de paris sportifs en ligne.

L'accord FDJ / TF1 annoncé par le journal Challenge permettra notamment a FDJ de proposer un espace dédié aux jeux d'argent en ligne (loterie et paris sportifs) sur le site de TF1.fr, qui attire chaque mois 15 millions de visiteurs uniques. L'offre de paris sportifs de FDJ, actuellement représentée par Parionsweb en online et Parions Sport en offline, sera donc boostée par cet accord avec TF1 qui permet à la FDJ non seulement de préempter un des carrefours d'audience interne les plus puissants (TF1.fr) et ainsi couper l'herbe sous le pied a ses concurrents comme Betclic ou Bwin, mais également de bénéficier en exclusivité de contenus "paris sportifs" produits par TF1 et de pronostics sportifs de stars de la chaîne.

Bonus 300-250Enfin l'accord permet a FDJ de s'assurer le sponsoring de programmes courts sur TF1 dédiés à l'actualité sportive et à la coupe du monde. Habile moyen de contrer le PMU qui a annoncé il y a quelques semaine avoir signé un accord de sponsoring pluri-annuel avec la Federation Francaise de Football.

Tout comme con principal futur concurrent, le PMU, qui avait signé avec le bookmaker irlandais Paddy Power, la FDJ vient, à son tour, de choisir son partenaire pour lancer sa nouvelle offre de paris sportifs. Et l'heureux gagnant est... LVS ! Alors que tout le monde s'apprêtait à voir les leaders du secteur tels Orbis ou Finsoft remporter le marché. Les rumeurs à l'automne dernier laissaient justement entrevoir un possible partenariat avec le géant Orbis. C'est finalement la petite société LVS quia remporté l'appel d'offre du monopole français.

Le spécialiste des plateformes de paris sportifs en ligne sera donc déployé sur l'offre en ligne de la FDJ mais également sur les 26700 terminaux de vente. De quoi donner des ailes au président de LVS, Simon Ordish, qui souhaite par ailleurs signer avec d'autres ex-monopoles dont les pays sont en train de réguler leur marché des paris en ligne : "La société va maintenant profité de l’évolution des réglementations pour chercher de nouveau contrats similaires", a-t-il affirmé. Il a aussi ajouté que ce contrat était "un défi de répondre aux exigences d’un opérateur aussi important, il y a eu beaucoup d’échanges des deux cotés, ce qui nous permet d’aller de l’avant et de négocier d’autres marchés ".

En attendant, la FDJ assume publiquement une posture de conquérant d'un marché des jeux en ligne dont elle voudrait aujourd'hui maîtriser les tenants et les aboutissants. L'avenir dira si le pari de choisir la petite société de logiciel LVS s'est avéré payant...ou pas !

Sébastien ACEDO et Olivier GOULON

20jan/100

Groupes TV et paris en ligne : les chats et la souris

Ce n'est un secret pour personne, les grands groupes media français s'intéressent de près au marché des jeux d'argent en ligne. Donné a environ 800 millions d'Euros de CA en 2010, attendu a près de 1, 8 Milliards d'Euros de revenus trois ans plus tard (source : Francis Merlin), le marché aiguise les appétits, notamment des géants de la TV qui souffrent depuis deux ans (érosion des recettes publicitaires, concurrence d'internet et des chaînes de la TNT). Mais les stratégies des deux grands que sont M6 et TF1 semblent encore hésitantes : devenir opérateur en cherchant à diversifier leur formidable marque grand public sur un secteur en pleine croissance (après le télé-achat, les jeux d'argent?), ou s'allier avec des opérateurs existants en apportant leur puissance de feu médiatique et leur gigantesque base de consommateurs?

L'actualité récente d'Eurosportbet illustre à merveille ce furieux dilemme. Eurosportbet est un site de paris sportifs lancé mi 2009 en Angleterre puis en France dans sa version "paris gratuits". Eurosportbet est opéré par la société SPS betting, détenu par le fonds d'investissement Serendipity (dirigé par Patrick Le Lay, ex PDG de TF1) et par Eurosport (filiale de TF1). Serendipity étant détenu par Bouygues (actionnaire de TF1) et Artemis (Groupe Pinault), la proximité entre Eurosportbet et le groupe TF1 n'était pas qu'une vue de l'esprit. Tout semblait donc clair : Eurosportbet était le bras armé du groupe TF1 sur le secteur des paris sportifs, et une alliance stratégique et médiatique entre ce nouvel opérateur, qui attendait patiemment la légalisation du marché français pour y entrer en fanfare et concurrencer les Betclic, Bwin et FDJ, et le groupe Media allait de soi. Pour résumer, TF1 avait son propre opérateur de paris sportifs.
Les dernières nouvelles sont venues démontrer que tout n'était pas si simple. A la faveur d'un changement de stratégie des actionnaires de Serendipity, annoncé par le journal Le Monde hier, le fonds s'apprête à vendre sa participation dans Eurosportbet au Groupe TF1, qui se retrouverait donc actionnaire a 100% de l'opérateur. Et dans le même temps, la rumeur enfle d'une allliance entre TF1, FDJ et le Groupe Barriere.

Quelle serait alors la place d'Eurosportbet dans ce dispositif? L'opérateur constituera-t-il la base "paris sportifs" d'une offre plus large constituée des actifs poker, betting et jeux de hasard de FDJ, Barriere et TF1? Ou sera-t-il sacrifié par TF1 qui préférera se contenter d'apporter ce qui constitue sa valeur ajoutée principale (puissance media / tunnel d'acquisition grand public), laissant à ses potentiels partenaires FDJ / Groupe Barrière l'orchestration de leurs savoir-faire métier.

Si les enjeux liés à l'ouverture du marché français avaient pu il y a encore quelques mois donner des ailes aux stratégies individuelles ("j'y vais tout seul même si ce n'est pas mon métier"), la prise de conscience des difficultés liées à la technicité du métier et aux contraintes légales posées par le législateur français (le projet de loi doit encore être discuté au Sénat les 23 et 24 février) amène même les plus jusqu'au-boutistes à reconsidérer leur position.

Ainsi le grand rival de TF1, M6, dont l'alliance avec l'opérateur Bwin semblait acquise en France sous la forme d'une offre en marque blanche, semble lui aussi revisiter ses positions. Le journal Challenges annonçait la semaine dernière, rumeur à confirmer, que le Groupe M6 sortirait finalement du deal avec Bwin pour s'allier avec le Groupe 888 et développer une offre uniquement centrée sur le Poker en ligne. En effet, la proposition par M6 d'une offre paris sportifs sous sa marque serait incompatible avec les éléments du projet de loi en cours de discussion qui interdisent au propriétaire d'une équipe de football de proposer des paris sur cette équipe (M6 est actionnaire des Girondins de Bordeaux).

Si le groupe France Televisions est pour l'instant relativement discret sur ses intentions et ne devrait se dévoiler qu'une fois connus tous les contours de la future loi, le Groupe Nextradio (RMC, BFM radio et BFM TV) a choisi la voie plus prudente du partenariat avec un opérateur. Les regards sont désormais tournés vers un géant aux intentions encore floues, le Groupe Canal + : "j'y vais ou j'y vais pas?"

Olivier Goulon

7oct/090

TF1, Winamax et le sponsoring sportif dans la ligne de mire des parlementaires

Sur les 276 amendements prévus pour le débat sur les jeux en ligne, plusieurs visent les acteurs actuels du marché.

parlement
L’ouverture du débat parlementaire sur la régulation du jeu en ligne en France débute aujourd’hui. Et pour cette occasion, les députés ont rendu publics hier matin de nombreux nouveaux amendements au projet de loi proposé par Eric Woerth. Au total 276 amendements ont été prévus !

Parmi ces multiples propositions de modification, la plupart concernent les paris sportifs mais certains visent directement des acteurs actuels du marché.

Et le groupe socialiste s’en est donné à cœur joie !

Pas de publicité pour TF1

Plusieurs amendements similaires (n° 252 à 260) convoitent à interdire la publicité « dans les programmes d’un service de télévision qui détient tout ou partie du capital d’une entreprise opérateur de jeux ou de paris en ligne ».
Et cette proposition vise notamment TF1, comme l’indiquent les députés : « Il convient d’empêcher que des alliances mercantiles se nouent en France entre des sociétés de jeux et de paris en ligne et des groupes de médias audiovisuels comme c’est le cas actuellement entre la société de Patrick Le Lay, Eurosportbet adossée à SPS Betting, (société détenue à parité par Eurosport, filiale à 100 % du groupe TF1 et le fonds Serendipity Investment cofinancé par Bouygues et par Artémis, holding de François Pinault). [...] Il n’est pas sain qu’au nom de la diversification des activités, la rentabilité prenne le pas sur l’information et la qualité des programmes dans les sociétés de l’audiovisuel et que le téléspectateur soit assimilé soit à un ‘temps de cerveau disponible’ soit à un compte en banque à vider. C’est pourquoi, il convient d’interdire toute communication commerciale pour ce type de jeux et d’activités dans les programmes de télévision ».

Le nom de « Winamax » pose problème

Les mêmes députés souhaitent, à travers les amendements 405 à 413, que l’agrément (la licence permettant d’opérer en France) ne puisse être délivré « aux entreprises dont le nom de domaine laisse entendre, en Français ou dans une langue étrangère, que le gain est systématique ». Les parlementaires nous expliquent que « les noms de domaine du type gagner-au-poker.com, webgagnant.com ou winamax.com cherchent à inculquer aux joueurs l’idée qu’ils sont sûrs de gagner – et de gagner beaucoup – en jouant sur leurs sites. Cette idée va à l’encontre de la dure réalité des statistiques. Il convient ainsi de l’éviter »

Sponsoring sportif non autorisé

Les clubs de football vont peut-être devoir se trouver d’autres sponsors. Plusieurs amendements cherchent en effet à interdire aux opérateurs le sponsoring sportif. Sont donc directement visés Bwin, Unibet et Betclic qui sponsorisent actuellement des équipes de football. Il faut « interdire aux opérateurs de jeux et de paris en ligne de nouer des contrats de publicité avec des clubs, équipes ou coureurs, sur lesquels ils organisent des paris. En effet, il n’est pas acceptable que l’on puisse autoriser de la publicité sur des maillots d’équipes sportives ou hippiques au profit d’opérateurs de paris sportifs, de poker ou hippiques qui organisent des paris sur ces mêmes compétitions ou manifestations ».

Rien n’est encore joué, mais le débat risque bel et bien d’être corsé !